FOOTNOTE   Hearat Shulayim

le 6 décembre 2011 20h30
au cinéma LE FOGATA
Ile Rousse


       

il y a des choses plus importantes que la vérité
. . . . comme quoi ? . . . . . la famille ! . .


Réalisé par Joseph Cedar
Avec Lior Ashkenazi,
        Shlomo Bar-Aba, Alma Zack ...
Long-métrage : USA.
Pays : Israël
Genre : Drame, Comédie
Titre original : Hearat Shulayim
Durée : 1h 45mn.
Année de production : 2011
Date de sortie : 30 novembre 2011
Distributeur : Haut et Court

Prix du scénario au
        Festival de Cannes 2011


un astérisque drôlement dramatique Footnote

Footnote est une parenthèse ironique et légère placée au beau milieu d'un univers lourd et complexe. Les études talmudiques, au départ, ça n'a rien d'amusant. Pourtant, Joseph Cedar, sur fond de compétition père-fils, et de course à la reconnaissance sociale, arrive à traiter le sujet avec une décontraction qui donne à Footnote des allures de comédie woodyallienne.     article
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Grand esprits et petites rancœurs

Eliezer Shkolnik, Shlomo Bar Aba, est un puriste, un méticuleux, un perfectionniste qui consacre des années à l'étude d'une note de bas de page ("foot note"), en extirpe des hypothèses, en tire des conclusions, les jauge à la lumière de son immense savoir, et, quelques années plus tard, si l'homme estime que la vérité ne fait plus l'ombre d'un doute, publie. Après des décennies à éprouver une découverte fondamentale qu'il était sur le point de faire éclater au grand jour, Eliezer se fait doubler au dernier instant par un paire indigne qui, par le plus affreux des hasards, tombe sur un document qui réduit à néant ses efforts harassants. Le chercheur chanceux, cette année là, remporte le prix d'Israel et par la même la haine fidèle solide et sincère d'Eliezer. Depuis, l'homme rumine la défaite qui lui coutât tant et scrute d'un mauvais œil la consécration d'Uriel, Lior Ashkenazi, un fils doté d'un esprit plus fertile mais moins rigoureux. Mais aujourd'hui, Eliezer vient de recevoir l'appel de sa vie, celui qui fera bientôt de lui l'homme qu'il a toujours rêvé d'être : un membre à part entière des génies récompensés par le prix d'Israël.


L'histoire

La rivalité entre un père et son fils, tous deux professeurs excentriques au département Talmud de l'université hébraïque de Jérusalem. le fils est dépendant à la reconnaissance, aux accolades, embrassades et autres futilités que l'établissement délivre sans compter. de son côté, le père est puriste têtu avec une peur et un profond dégoût de ce que représente l'établissement. Pourtant là dessous se cache un grand besoin de reconnaissance. Le Prix Israël, le prix le plus prestigieux du pays, va les opposer dans une confrontation ultime.         article sur


Les vices de Cedar

Sous l'impitoyable soleil israélien, filtre astrale qui révèle les fines particules poussiéreuses encombrant l'atmosphère, Joseph Cedar fait souffler une brise délicate, fragile et parfumée, qui file tantôt le blues, tantôt la patate. Une petite musique légère relève un drame, puis c'est au tour de la mélancolie de ternir une frivolité passagère. Joseph Cedar se plait à nous laisser sprinter, les mains dans le dos et la tête baissée, vers une évidence. Puis, s'armant d'un sourire en coin, le réalisateur nous prend à contre-pieds, déstabilise et désoriente, et tandis que le spectateur vacillant cherche à retrouver l'équilibre, les yeux cernés de Joseph s'allument d'une flamme mauvaise, et l'homme applique au spectateur un vilain croche-patte afin de couper court au moindre regain de certitude. On finit par comprendre que rien n'est parfait, juste, compréhensible et logique. Place donc à l'insupportable courroux d'un hasard bête et méchant. Mais ce genre de traitement ne sied pas à n'importe quel spectateur, et Joseph Cedar, administrant sans retenue la dose maximale, risque d'éveiller quelques critiques. On peut en effet estimer que l'humour dramatique et le drame humoristique que ce redoutable carnivore se plaît à ronger jusqu'à la moelle, peut enthousiasmer ceux qui aiment que ça grince, et révolter ceux qui réclament autre chose qu'une note de bas de page et des os. Mais qu'il attise l'un ou l'autre de ces sentiments, Footnote rassemble par la qualité de la réalisation et celle, incontestable des acteurs.


D’où vient l’idée de Footnote ?

C’est difficile pour moi de répondre à cette question sans révéler tout le film et donner la clé de l’histoire. L’idée de départ repose sur le principe d’un noeud que je m’applique à développer tout au long du récit. L’inspiration pourrait être autobiographique et c’est cela qui a stimulé mon imagination : et si tout cela m’était réellement arrivé ? Le film s’avère cependant beaucoup plus complexe que mon idée de départ. Dès l’écriture, je me suis penché avec beaucoup plus d’acuité que je ne l’avais prévu sur mes deux protagonistes, le père et le fils. On peut qualifier Footnote de comédie intello. Qu’en pensez-vous ? Je suis ravi que l’on puisse dire du film que c’est une comédie ! Les spectateurs peuvent rire et sourire sans complexe, ne pas tout prendre au premier degré...