Même la pluie, También la lluvia  

Mardi 8 mars 2011 21h
au cinéma LE FOGATA
Ile Rousse


     

Réalisé par Icíar Bollaín
Avec Gael García Bernal, Luis Tosar,
      Carlos Aduviri,
Long-métrage français, mexicain, espagnol.
Genre : Drame, Historique
Titre original : También la lluvia
Durée : 1h 43mn.
Année de production : 2010
Distributeur: Haut et Court
VO

Synopsis :

Sebastian, jeune réalisateur passionné et son producteur arrivent dans le décor somptueux des montagnes boliviennes pour entamer le tournage d'un film. Les budgets de production sont serrés et Costa, le producteur, se félicite de pouvoir employer des comédiens et des figurants locaux à moindre coût. Mais bientôt le tournage est interrompu par la révolte menée par l'un des principaux figurants contre le pouvoir en place qui souhaite privatiser l'accès à l'eau courante. Costa et Sebastian se trouvent malgré eux emportés dans cette lutte pour la survie d'un peuple démuni. Ils devront choisir entre soutenir la cause de la population et la poursuite de leur propre entreprise sur laquelle ils ont tout misé. Ce combat pour la justice va bouleverser leur existence.


Nominations

Même la pluie a été présenté au Festival de Toronto en 2010 et a fait l’ouverture de la 55e Semaine Internationale de Cinéma de Valladolid. C’est par ailleurs le film qu’a choisi l’Espagne dans la course à l’Oscar du Meilleur Film Etranger.


Retrouvailles

Luis Tosar qui interprète Costa, le producteur et bras droit de Sebastian dans le film, a déjà travaillé pour Icíar Bollaín puisqu'il détenait le rôle d'Antonio dans Ne dis rien. Il y campait un personnage violent, maltraitant sa femme. Son interprétation lui a valu le Goya du Meilleur acteur en 2004.


D'après des faits réels

Le film s'inspire des événements qui ont débuté en 1999 à Cochabamba, une des principales villes de l'Altiplano bolivien, et qui ont opposé le peuple au candidat Aguas de Turani à qui fut concédée l'eau de la ville. En Avril 2000, éclate une véritable guerre de l'eau: des barricades quadrillent la ville, le président bolivien déclare l’état d’urgence, un jeune homme tombe sous les balles des forces de l’ordre. Au terme des protestations, la rue obtient gain de cause : le service d’eau de la ville, privatisé quelques mois plus tôt, repasse dans le domaine public et l’augmentation de tarif est annulée. La légende de la guerre de l’eau de Cochabamba est née. Oscar Olivera en a été l’un des leaders.


Icíar Bollaín, success story

Même la pluie est le cinquième long-métrage de la réalisatrice: elle s'est déjà illustrée avec quatre films encensés par la critique et maintes fois récompensés: elle débute la réalisation avec Hola esta sola?, en 1995, et poursuit avec Flores de otro mundo, sélectionné en 1999 au Festival de Cannes et qui obtient le Grand Prix de la Semaine Internationale de la Critique. Elle est remarquée pour son film choc traitant de la violence conjugale, Ne dis rien, en 2004. Le succès est immédiat en Espagne, le pays le plus touché par cette forme de violence. Il obtient une multitude de récompenses aux Goyas. De même pour son quatrième long-métrage, Mataharis, dans lequel trois femmes, détectives privés à Madrid, mènent leur chemin sans ambages jusqu'au jour où vie professionnelle et vie personnelle vont se mêler.


La mise en abyme de l'année 2011?

Même la pluie est construit à partir de plusieurs niveaux narratifs: Sebastian et Costa sont en train de tourner un film d'époque dans une ville de Bolivie, le long-métrage propose donc de filmer le tournage d’un film d’époque. Parallèlement les conflits sociaux qui éclatent donnent au film une autre dimension, plus documentaire, qu'Icíar Bollaín enregistre avec sa caméra. Les trois niveaux narratifs se répondent ainsi sans cesse:"Maintenir la tension et faire progresser le récit à travers les trois histoires en maintenant l’intérêt du spectateur était un challenge" rapporte la réalisatrice.
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